• Boxes Pieds-Poings : American kickboxing (Point-fighting/Semi-contact, Full-contact, Low-kick), Japanese kickboxing (K-1, Shoot-boxing) & Thai-boxing (Muay-thai)
  • Sports Pieds-Poings-Sol : Pancrace (Sub-strike) & MMA (Shoot-fighting)
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  • Activités de réalisation technique & martiale : Fitness-forms (Aero-kick/cardio-kickboxing, Aero-fight/cardio-fighting) & Martial-forms [Traditional-forms (Hard-style & Soft-style) & Modern-forms (Free-style/ musical-forms)]
  • Activités de défense : Defense-forms (Freehand-defense, Kick-defense contact & Stick-defense)
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boxe-image-animee-0005 ANALYSE DU DUEL

EN SPORTS DE COMBAT DE TYPE « BOXE »

  

TABLE DES MATIERES
 

AVERTISSEMENT………………………………………………………………………………………    2

L’ACTE D’OPPOSITION………………………………………………………………………………2

L’analyse d’une opposition

La configuration d’un match

Les compartiments de jeu

Les activités principales de jeu

Les actions de jeu

LES  EVENTUALITES DE MATCH & L’INCERTITUDE EVENEMENTIELLLE……………………………………………    4

L’incertitude évènementielle

Opportunité

Le profit

Le problème à résoudre

La réponse à l’activité adverse

LES ACTIVITES A DEPLOYER………………………………………………………………………    7

S’adapter ( sens de l’à-propos)

Manoeuvrer

Les compétences principales de jeu

LES COMPÉTENCES DE JEU………………………………………………………………………    11

Exploiter

Anticiper

Les habiletés technico-tactiques

LA GESTION DU JEU………………………………………………………………………………    13

La construction du jeu

L’organisation du jeu

Choix de la façon de combattre

La conduite du jeu

LE PROJET STRATÉGIQUE……………………………………………………………………………    18

Les intentions de jeu

Les stratégies de combat

Le plan d’action

L’attaque

L’OFFENSIVE…………………………………………………………………………………………    23

L’observation de l’adversaire

Les principes de conduite

La neutralisation

LA CONTRE-OFFENSIVE……………………………………………………………………………    27

L’attaque dans l’attaque (ou « contre »)

La contre-attaque (ou «riposte»)

L’arrêt (ou « stoppage »)

La défense

N.B. : un terme suivi d’une astérisque est défini

 


L’ACTE D’OPPOSITION

Dans les sports d’opposition, il désigne le « duel » courtois exécuté dans l’aire de compétition. Ce processus d’accomplissement des conduites motrices des protagonistes, notamment en compétition, peut être analysé de l’extérieur à l’aide d’outils d’observation (observables). En matière d’observation de l’opposition, le comportement des protagonistes va être « décortiqué » du point de vue de l’adaptation à l’adversaire et de la manière de construire le jeu offensif et contre-offensif. Une science s’intéresse particulièrement à ce domaine, la combatique – cf. sciences du combat (Delmas, 1978).

 

L’analyse d’une opposition

L’analyse de l’acte d’opposition interindividuel au regard de la logique fonctionnelle (but du jeu*, règles de jeu* et moyens à disposition*) permet de relever les éléments majeurs qui vont contribuer à la réussite.

L’analyse au bord de l’aire d’oppositionActivité qui consiste à repérer les éléments pertinents d’une opposition afin de porter un jugement. Au bord du ring, cette activité appartient, en premier lieu, au coach* (entraîneur) lui permettant de réguler le travail de son athlète (consignes*) et de prévoir un plan de conduite pour un futur duel (plan d’action*). Ce bilan d’observation* va permettre également l’élaboration d’un plan d’entraînement* (Remédiation*). Voir recueil d’observation*, bilan d’observation* (fiche d’analyse et synthèse*), bilan de match*, bilan de round* et plan d’action*(plan de conduite).

 

Les compartiments de jeu

En sport d’opposition, il désigne les différentes parties du jeu observables en situation d’opposition et appartenant à deux domaines principaux de maîtrise* : l’ « attaque* des cibles adverses » (surnommée, « offensive ») et la « défense* de ses propres cibles » (ou « défensive »). Pour ce dernier domaine, une compétence s’imbrique, l’ « attaque répondant à une attaque de l’adversaire » (ou appelée « contre-offensive »).

Lors de l’observation de rencontres, on peut s’apercevoir que certains athlètes sont plutôt faibles dans un domaine de jeu (ou dans certains compartiments) alors qu’ils peuvent largement briller dans un autre.

 

Les activités principales de jeu

Il s’agit des « activités majeures déployées durant le duel » (Delmas, 1975). Elles sont regroupées par compartiment de jeu* : défense*, neutralisation*, attaque*, contre-attaque* (riposte) et attaque dans l’attaque*. Elles se manifestent par des comportements moteurs observables dans les différentes phases de l’opposition.

Il s’agit des activités à effectuer durant le match relatives aux deux principes d’action majeurs des sports d’opposition de type « boxe », la « défense de ses propres cibles* » et l’ »attaque des cibles adverses ». À proprement parler, ces activités recouvrent, dans leur totalité, la gestion de la confrontation* (Delmas, 1975) qui se compose des deux domaines principaux : la conduite* du jeu et la construction* du jeu.

 

  

Les actions de jeu

Désigne l’ensemble des effets déployés pour combattre. Ce sont les manifestations corporelles qu’utilise un combattant pour gérer l’opposition*, habituellement surnommé « techniques ». On recense différentes catégories d’actions de :

  • approche* de l’adversaire (consistant à gagner de la distance pour préparer et favoriser un travail offensif),
  • attirance* de l’adversaire (consistant à appâter l’opposant pour profiter de lui. Ex. : amener l’opposant vers ses propres points forts),
  • conservation des acquis à la marque* (but : « se maintenir en avance à la marque »),
  • contre-offensive* (neutralisation*, défense*, riposte*, attaque dans l’attaque*),
  • contrôle* corporel de l’adversaire (appui sur l’adversaire, pression, tassement…),
  • profit* (utilisation des opportunités* offertes par l’opposant),
  • évasion* (débordement*, dégagement* du coin, sortie…),
  • exploitation de l’espace* et de l’équipement sportif (emploi des cordes, utilisation du centre ou de l’extérieur…),
  • gestion des difficultés* (but : « sortir de situations difficiles »),
  • immobilisation (pressing*, cadrage*…),
  • mobilité au sol* et de déplacement (pas de progression, pas de retrait*, pas de côté*, rush*, contournement, fuite…),
  • mobilité du tronc* (désaxage*, retrait de buste*, torsion…),
  • offensives (attaque directe*, indirecte et composée),
  • sauvegarde*
  • sécurité*,
  • etc.

C’est par la maîtrise de ses actions et l’adaptation aux différentes situations de match qu’un athlète peut espérer remporter une rencontre.

 

LES ÉVENTUALITÉS DE MATCH & INCERTITUDE ÉVÉNEMENTIELLE

 

Éventualités (de match)

Ensemble de situations prévisibles lors d’un combat compte tenu des informations dont on dispose sur l’opposant. Plus concrètement, ce sont les comportements adverses auxquels on peut s’attendre, sans en être sûr réellement (comment l’adversaire va se comporter en attaque et en défense ? comment il va agir et réagir ?). On peut les répertorier, du moins pour les plus probables* afin d’envisager des comportements adaptatifs. Compte tenu des informations recueillies (recueil de données*) chez l’adversaire et sur la base d’actions prévisibles adverses (coups prévisibles, façon d’aborder le combat, stratégies* mises en place, style de combat utilisé, etc.), le jeu pourra être organisé afin de ne pas être pris à dépourvu. Ainsi, des scénarii de combat peuvent être envisagés et un répertoire de réponses (appelées des possibles*). Ce travail de planification est de l’ordre du plan tactique*. Voir incertitude* et scénario de combat*. On recense :

  • Les éventualités de défense adverse
  • Les éventualités d’attaque adverse
  • Les éventualités de contre-attaque et de contre.Scénario de combatDéroulement d’un match ou d’une phase de match. Ainsi pour certains combats, on peut imaginer leurs déroulements à l’avance lorsqu’on connaît les boxeurs, leurs façons de boxer* et leurs tempéraments. On peut prévoir les différentes scènes (subdivisions) comme pour une pièce de théâtre : les actions majeures, les rebondissements, etc. Ex. : on peut prévoir que tel boxeur fera le forcing* ou qu’un autre attendra son adversaire pour le cueillir. Aussi éventualités* et probables*. 

Incertitude évènementielle

Dans les activités d’opposition, il désigne l’ensemble des événements possibles de nature offensive ou défensive. Désigne le caractère imprévisible de l’attaque ou de la défense adverse, c’est-à-dire l’ensemble des actions offensives ou contre-offensives adverses qu’on ne peut prévoir. Plus précisément, il désigne la somme d’actions offensives dont peut user un adversaire et dont on peut difficilement déterminer l’ordre d’apparition et ainsi s’organiser en conséquence. La quantité d’actions possibles est déterminée par le règlement de jeu, en boxe, il se définit en termes de cibles* potentiellement attaquables, de gestes offensifs potentiellement réalisables et de manœuvres* envisageables. Plus ce volume s’élargit plus l’incertitude augmente et occasionne des difficultés de défense. L’objectif est d’atteindre le seuil incertitude le plus élevé afin de placer l’adversaire dans l’incapacité à défendre. Certains combattants savent user de ce principe d’attaque* dit de « création d’incertitude » (création d’alea maximum) qui consiste à varier les formes d’attaque et qui va créer dans la défense adverse un vent de panique. Il est en étroite relation avec deux objectifs qui sont les suivants : « chercher à surprendre l’adversaire » et « chercher à prendre de vitesse l’adversaire ».

En situation d’opposition, plus le champ des incertitudes offensives adverses augmente, plus sera difficile la conduite du jeu* et la gestion de l’opposition*. La complexité d’une tâche s’exprime par le nombre de variables à prendre en compte et par la quantité d’actions à traiter simultanément par le pratiquant. En d’autres mots, plus une situation présente d’incertitudes et de variables, plus grande est la quantité d’informations à traiter et plus le temps de traitement et de réaction sera long. L’entraînement est là pour apprendre à répondre au caractère imprévisible des actions adverses (gestion des différents éléments et paramètres de combat). Plus la maîtrise des actions techniques de défense et d’adaptation augmente chez un pratiquant, plus la capacité à réagir avec adéquation et rapidité s’affine. Pour l’apprentissage à la salle, l’entraîneur réduit le champ des incertitudes (variables), notamment pour les pratiquants les moins expérimentés ; afin que des réponses aux sollicitations adverses soient possibles. En compétition, la connaissance d’un adversaire (sa manière de boxer, ses qualités dominantes, etc.) réduira le champ des incertitudes (imprévisibles) et facilitera la capacité à défendre et à utiliser les actions adverses*.

Opportunité

Elle est appelée également « profit ». En sport d’opposition, on parle d’activité « d’opportunisme » lorsqu’un athlète utilise l’activité adverse à son avantage. Cette façon de se comporter appartient au domaine de l’exploitation du jeu adverse* que l’on nomme « action de profit* » en termes de statégico-tactique*. Selon le dictionnaire Le Petit Larousse de 2005, ce qui est « opportun » est ce « qui convient au temps, aux lieux, aux circonstances ; qui convient à-propos* et l’ « opportunisme » est l’ « attitude consistant à régler sa conduite selon les circonstances du moment, que l’on cherche à utiliser toujours au mieux de ses intérêts ». En boxe, il s’agit pour l’opportunité des occasions favorables chez l’adversaire dont on peut tirer avantage durant la confrontation. Tirer profit de l’activité adverse est en général une compétence* de combattant expérimenté. De quelles données* peut-on tenir compte ? Réponse : On peut chercher à utiliser les données suivantes :

  • les caractères adverses ou caractéristiques* de l’opposant (taille, envergure, tempérament, qualités physiques, état mental, etc.). Ex. : la fragilité mentale d’un adversaire peut être mise à parti en travaillant sur un ensemble de techniques de manipulation mentale dans le but de décourager ou dissuader l’initiative adverse ;
  • les actions de combat* de l’opposant (c’est-à-dire l’activité offensive et défensive). Ex. : un retour en garde* ou pas de retrait* adverse non « sécuritaire » peut être exploité en terme de contre-attaque* spontanée ;
  • les manières de faire propre de l’opposant (attitude* de garde, style* de combattant et façon de combattre*).Un « relevé des ces opportunités » est exploité, conjointement par l’athlète et l’entraîneur, en vue d’utiliser celles-ci chez un adversaire à venir (notion de stratégie*). L’ensemble de ces données sont rassemblées et analysées afin de les mettre à profit dans le cadre d’un plan de conduite (ou plan stratégique*). Il peut se faire en amont à partir d’un match antérieur par exemple sur la base d’un support vidéo. Il est également réalisé en temps réel par les hommes de coin*, c’est-à-dire durant le match de leur poulain* afin d’établir, à l’interrounds, un nouveau plan d’action (observation de match dite « in situ »). Ce relevé peut être également réalisé par un observateur extérieur à l’aide d’une fiche d’observation* dont les rubriques reprennent les compartiments majeurs d’observation sur la base d’observables* concrets.-Ex.1: (A) tombe sur ses coups. Conclusion : (B) va utiliser cette faiblesse pour riposter dès que (A) a terminé son attaque (notion de remise*).
  • -Ex.2 : suite à plusieurs activités de pressing*, (A) a remarqué qu’à l’approche des cordes, l’adversaire s’échappe toujours du même côté. À la prochaine occasion (A) a décidé de le « cueillir » en portant un coup qui le télescope (notion de contre*).
  • Illustration : Exemples d’activités consistant à « utiliser l’action adverse à son avantage » :
  • Ces données se traduisent en termes de « points forts* » et « faiblesses* » adverses dont, il faudra tenir compte et donc exploiter durant l’opposition.

Profit

 Ensemble d’activités de combat* consistant à utiliser les caractéristiques* et les comportements adverses à son avantage. « Tirer profit » de l’activité adverse est habituellement une compétence* de combattant expérimenté. Les « actions de profit » s’enseignent à l’entraînement et font partie d’un travail d’apprentissage conséquent. Ex. : Suite à plusieurs activités de pressing* et de cadrage*, [A] a remarqué qu’à l’approche des cordes, l’adversaire [B] s’échappe toujours du même côté. À la prochaine occasion [A] a décidé de « cueillir » [B] au moment de la sortie* latérale. Également : à-propos*, contre-cadrage* exploitation de l’adversaire* et opportunité*.

Se résume par « l’utilisation de situation favorables. » (Delmas, 1981). Il existe deux catégories de profit :

– Le profit issu d’une opportunité (constatée chez l’opposant) appelé « profit direct »

– Et le profit engendré par une manipulation de l’adversaire « profit indirect » (Delmas, 1973). Exemple : inciter l’opposant à adopter une attitude précise, une façon de faire, … afin d’utiliser Voir opportunité*.

 

Problème à résoudre

Se présente comme la difficulté à résoudre dans une phase de match. En compétition, lors de la minute de repos, le coach a un rôle essentiel à jouer en la matière. Il doit aider l’athlète à trouver une « solution » (un remède) à apporter au problème en présence. Exemple de problème : Après plusieurs rounds à son avantage, [A] s’accroche sans arrêt pour empêcher [B] de « travailler » et de marquer des points. Solution proposée pour [B] : il va adopter une attitude de fuyard* et d’esquiveur* (C’est-à-dire, il ne va pas avancer pour pas risquer de se faire neutraliser*). Il travaille de loin, passe sur les côtés quand [A] avance et place des ripostes* et des contres*. Voir aussi comportement adaptatif* et situation-problème*.

Réponse à l’activité adverse

Désigne le résultat du traitement de l’information (cognition) destiné à donner suite à l’activité adverse en termes de stratégie*. C’est le résultat des opérations mentales déclenchées pour prendre une décision rapide dans des situations sportives, pour calculer, apprécier et adopter tel ou tel risque, pour organiser les actions motrices et donc optimiser la performance.

Elle caractérise par la capacité à analyser et structurer les informations en provenance des comportements adverses afin d’apporter des réponses adéquates. L’entraînement est là pour apprendre à :

  • détecter les signes d’une future activité adverse afin de ne pas être pris de vitesse en matière de réaction défensive,
  • donner les réponses adaptées (en terme de défense, de technique d’arrêt*, de neutralisation*…)
  • utiliser l’activité adverse à son propre avantage (en terme de défense-riposte ou de contre*).

Résolution de problème

La capacité à résoudre des problèmes d’opposition se présente comme une des compétences* essentielles en sport de combat, notamment dans le domaine de l’adaptation au comportement adverse. L’entraînement à un rôle à jouer dans le développement des comportements adaptatifs* notamment par l’apprentissage de la gestion des situations-problèmes*.

Du côté des courants d’enseignement, la méthode des situations de résolution de problème »’ (MSRP) met en œuvre la réflexion de l’élève, l’initiative personnelle, choix de décision et prend appui sur les capacités des élèves (pré-requis* ou habiletés* préexistantes). Elle induit une relation pédagogique non-directive, rend l’élève plus actif dans sa propre construction et favorise sa transformation*.

 

 LES ACTIVITÉS À DÉPLOYER

 

Les activités à déployer

 

Adaptation à l’adversaire

S’adapter en sport de combat est la « capacité à autoréguler son propre comportement sous l’effet des contraintes de son adversaire » (Delmas, 1981). C’est surtout la capacité à trouver des solutions* pour résoudre les problèmes posés par l’adversaire et ainsi, s’accorder à tous les styles* de combattant et ainsi à tous les contextes de jeu*. L’adaptation désigne donc un ensemble d’actions destinées à apporter des réponses au comportement adverse. Elle se présente comme la qualité majeure des athlètes expérimentés (l’art du bon combattant réside dans sa flexibilité et non la rigidité comportementale). Mais les qualités d’adaptation escomptées, dans l’apprentissage des sports de combat, touchent aussi bien l’aspect défensif que la neutralisation* ou l’utilisation de l’activité adverse à son propre avantage. Ex. : Utiliser les coups d’arrêt* de l’adversaire attentiste* (stoppeur* notamment) pour construire son jeu* contre-offensif*. L’adaptation se concrétise par deux savoir-faire* :

– d’abord, résoudre les problèmes* posés par le jeu adverse (défendre ses cibles et neutraliser* la future activité adverse) c’est-à-dire adapter sa conduite aux attaques que lui adresse l’adversaire.

– puis, organiser son jeu* personnel au regard du profil adverse* pour exploiter le jeu adverse*. Il s’agit pour ce dernier savoir-faire, de qualités stratégiques et tactiques.

L’apprentissage de cette capacité consiste à travailler la maîtrise des différents compartiments* de jeu afin de répondre au mieux aux sollicitations adverses.

Dans ce domaine, on trouve un ensemble de règles d’adaptation (appelées « principes de conduite » ou « principes tactiques ») qui lorsqu’elles sont suivies évitent de tomber dans les pièges* adverses. Ces règles sont abordées progressivement dans l’apprentissage ou se découvrent par instinct et font la subtilité de l’activité boxe. On peut citer : « sortir de l’axe direct lorsqu’on a affaire à un fonceur* » ou « éviter le coup d’arrêt* adverse face à un stoppeur* » (fig.a et b).

Mais l’adaptation ne s’arrête pas aux qualités technico-tactiques, elle concerne également les qualités physiologiques et psychologiques. Ex. : s’adapter à la pression adverse sans être en dette d’oxygène*, tolérer l’angoisse de pré-match, supporter les actions d’intimidation adverses, etc. Tout cela peut s’apprendre à la salle et c’est à l’entraîneur* de mettre en place des tâches techniques qui vont améliorer l’adaptabilité de son poulain.

Manœuvrer l’adversaire

Ensemble de moyens déployés pour obtenir un résultat (…). Moyen habile, rusé et plus ou moins malhonnête d’arriver à ses fins (…) ». En sport d’opposition, la manœuvre fait partie intégrante de la construction du jeu*. C’est un ensemble d’habiletés* techniques destiné à prendre le contrôle de l’adversaire, offrir des solutions favorables* et par conséquent à lui ôter la capacité à construire des actions efficaces. Les techniques de manœuvre font appel à un ensemble de stratégies* variées. Elles peuvent être utilisées d’une manière quasi-stéréotypée mais elles endossent un caractère de pertinence* lorsqu’elles sont élaborées au regard du comportement et du profil* adverse (notion d’adaptation* à l’adversaire et d’exploitation* de ses actions). Elles ont pour effet de conduire l’adversaire à des comportements télécommandés dans le but de le manipuler ou/et de le déstabiliser. Ainsi, on distingue deux catégories :

1/ Les actions dites de manœuvre physique destinées à prendre l’ascendant physique sur l’adversaire et à offrir des opportunités* dites géographiques (immobilisation, placement dans le ring et mise à distance). Parmi celles-ci, on trouve un ensemble de techniques de nature différente et qui appartenant au registre des actions dites forcées (télécommandées). Ex. : le pressing* physique utilisé à des fins diverses (réduire la distance, faire reculer, amener sur les cordes, acculer dans un coin, etc.), le cadrage* pour empêcher l’opposant de s’échapper latéralement et l’aspiration* de l’opposant vers les cordes ou vers le centre du ring, le contrôle* corporel de loin et de prêt pour empêcher l’adversaire de construire son jeu.

2/ Les actions dites de manœuvre mentale de l’adversaire destinées à créer des opportunités* dites d’ouverture, c’est-à-dire de découvrir certaines cibles*. Parmi celles-ci, on recense deux modes :

  • La manœuvre par le biais d’une contre-communication*, c’est-à-dire par l’utilisation de procédés de contre-information ou de désinformation que l’on classe dans la catégorie des techniques de tromperies*. Elles cherchent à brouiller et/ou parasiter l’information très souvent à partir d’une technique de diversion*. Ex. : le contre-cadrage*, la feinte* et la fixation* (de cible).
  • La manœuvre par le biais d’un procédé de contre-logique* c’est-à-dire, l’action utilisée sort de la logique habituelle et va donc surprendre. Ces techniques appartiennent au registre de la fourberie, mais le code sportif n’interdit pas de les utiliser. Certains athlètes sont experts dans ce domaine, et sont qualifiés de ficellards (pour ne pas dire vicelards). Le degré de la tromperie et sa fréquence permet de situer le niveau de leur fair-play.
  • La manœuvre par le biais d’une manipulation* mentale, c’est-à-dire par l’utilisation de techniques d’intimidation (bluff, provocation physique et mentale, etc.).
  • On classe les manœuvres dans trois compartiments de jeu :
  • Les manœuvres dites offensives : celles destinées à placer l’opposant dans le ring et à immobiliser* (pressing* et cadrage*) puis celles destinées à créer des ouvertures* par le biais de tromperies* (attaque différée*, feinte*, fixation*, dissimulation d’action, sape*, etc.)
  • Les manœuvres dites contre-offensives : procédés destinés à exploiter une activité induite chez l’opposant (à base de pièges* : invite*, leurre*, etc.).
  • Les manœuvres dites défensives : elles sont destinées à empêcher l’adversaire de développer son plan d’attaque et se concrétisent par des procédures de neutralisation (contrôle de l’adversaire de près et de loin, verrouillage de futures actions).

 

Anticiper des actions contre-offensives & offensives

En sport, c’est la capacité à détecter des signaux adverses pertinents (utiles) et à déclencher une action offensive* (ou contre-offensive*) juste avant le signal de l’attaque adverse ou pendant l’activité adverse. En sport de combat, on la réduit par erreur à la simple disposition à agir à l’avance, mais c’est bien plus que cela. En premier, il s’agit de la faculté à « lire » le comportement adverse afin de s’en servir. Ainsi en termes de stratégie*, il sera question de mettre en place des réponses favorables face un comportement prévisible de l’adversaire (notion de spéculation). Dans les sports de percussion, l’anticipation a deux objectifs principaux :

– Prévoir une défense adaptée (c’est-à-dire éviter d’être atteint par l’offensive adverse),

– et d’autre part prévoir une action offensive (atteindre son adversaire en premier).

Cette faculté se détecte chez un combattant par l’observation des réponses* intervenant avant le signal d’exécution voire rapidement après le signal (temps de réaction court). On trouve différentes activités qui appartiennent au domaine de l’anticipation :

– La neutralisation* d’une action prévisible. Ex. : Aller se « coller » à l’adversaire pour empêcher un type de déclenchement d’attaque.

– Le stoppage* d’une attaque à son démarrage. Ex. : Porter un coup d’arrêt* dans le démarrage de l’attaque adverse.

– Le contre* dans le développement de l’offensive adverse. Ex. : Porter un coup de contre* en bolo-punch* dès le déclenchement d’un jab* adverse dans l’axe direct* avec un léger désaxage* (fig.12).

– et la riposte* dite anticipée. Certains combattants sont spécialisés dans ce type de stratégie. Ils attendent l’attaque prévisible pour contre-attaquer* efficacement.

Voir aussi à-propos* et timing*.

 

Exploiter l’activité adverse

Concerne l’utilisation du comportement adverse appelé « profit ».

Exploiter, v.t. : « tirer parti, user à propos de… » (Dictionnaire Le Petit Larousse, 1995). Démarche qui consiste à tirer avantage de l’activité adverse. C’est la capacité à mettre en place des actions tenant compte des caractéristiques* adverses et du comportement adverse (notion d’opportunité*). Ex. : porter un contre* au corps sur un adversaire qui travaille en jab* du bras avant. Voir aussi profit*.

Démarche qui consiste à tirer avantage de l’activité adverse. C’est la capacité à mettre en place des actions tenant compte des caractéristiques* adverses et du comportement adverse (notion d’opportunité*). Ex. : porter un contre* au corps sur un adversaire qui travaille en jab* du bras avant. Voir aussi profit*.

Se définit comme la capacité à exploiter le comportement adverse à son avantage. Elle appartient le plus souvent à des boxeurs expérimentés. C’est une des intentions de jeu* à développer prioritairement à l’entraînement à côté de deux autres : imposer son propre jeu à l’adversaire et s’adapter à l’adversaire. Elle requiert des fortes qualités de prise d’information (vista*) et d’adaptation à la situation en présence (choix de réponse, timing*, à-propos*, etc.). Certains combattants font preuve d’instinct dans ce domaine. Pour d’autres, un gros travail à l’entraînement sera nécessaire pour cultiver cette habileté que l’on classe dans le secteur dit de l’ « intentionnalité ». Ex. 1 : [A] a remarqué que son adversaire tombait sa garde après ses attaques et en profite pour contre-attaquer dans le retour en garde. Ex. 2 : [B] pense que son adversaire va attaquer en jab* et s’apprête à le contrer en « cross*».

 

 

LES COMPÉTENCES DE JEU

Une compétence est un « degré de maîtrise de savoirs* et de savoir-faire* » (Sarthou, 2003). Ce terme est souvent utilisé comme « synonyme d’habileté* et généralement associé à celui de capacité* » (Dugal, 1992). Le GAIP de Nantes (1990-91), la définie comme « une excellence virtuelle, autrement dit comme une capacité stable, intériorisée qui n’a de valeur que parce qu’elle peut se manifester dans une pratique, à un niveau de pratique donné ». Pour Meirieu (1990), c’est un « savoir identifié mettant en jeu une ou plusieurs capacités dans un champ notionnel ou disciplinaire déterminé ». Pour simplifier, il s’agit « d’une expertise, d’un savoir-faire développé par un sujet dans une situation ou une catégorie restreinte de situations (…) et mettant en jeu plusieurs capacités » (Dugal, 1992).

En sports de combat, on parle de « conduites-types, de procédures standards et de types de raisonnement développés par un sujet permettant de faire face aux différentes situations d’opposition » (Delmas, 1975). Les compétences* concernent la possibilité acquise, par l’athlète dans les différentes phases de l’opposition, de réaliser des actions de conduite et de construction du jeu* (d’adaptation* à l’adversaire, de recueil d’information, de prise de décision*, de manœuvre* de l’opposant, etc.). On en dénombre un bon nombre et notamment, la compétence à organiser son jeu en vue de défendre ses propres cibles, la compétence à construire la cible adverse (à attaquer), la compétence à exploiter l’activité adverse* et la compétence à gérer son potentiel physique et psychique. Elles se manifestent par des comportements de maîtrise (habiletés*) : réactions appropriés à un comportement, réponse adaptée, conduite d’une stratégie, prise d’information et utilisation des données, etc. Ces compétences mettent souvent en jeu plusieurs capacités*. Par exemple pour la compétence à défendre, nous trouvons la capacité à adopter une attitude de vigilance et de disponibilité immédiate, la capacité à voir l’attaque adverse se dessiner et à esquiver les coups adverses, etc.

La compétence, c’est la preuve apportée « que l’on sait » ou « que l’on sait faire » quelque chose. Elle se traduit en sport par la réalisation d’une performance*. Contrairement à l’habileté* qui est spécifique à une tâche, la compétence renvoie à une expertise plus vaste. Ainsi, elle fait dire d’un boxeur : « il sait boxer ». Dans les sports d’opposition, on recense cinq types principaux de compétences (voir tableau des compétences principales de jeu ci-dessous).

 

 

COMPÉTENCES PRINCIPALES DE JEU

ORGANISATION GÉNÉRALE

&

SECTEUR CONTRE-OFFENSIF

C1 – Assurer une organisation corporelle permettant d’être constamment en sécurité et efficace (cela défensivement et offensivement)

C2 – Adapter son propre comportement à celui de l’adversaire en termes de défense permettant des contre-offensives efficaces (optimisation des comportements).

SECTEUR OFFENSIF : MANŒUVRES, EXPLOITATION ADVERSE

& ANTICIPATION

C3 – Imposer un état corporel et mental à l’adversaire dans le but de prendre l’ascendant à partir de manœuvres (faire émerger des situations favorables à partir d’une production d’activité offensive, de techniques de déstabilisation et de manipulation)

C4 – Exploiter les situations favorables adverses compte tenu des caractéristiques, du style et des actions adverses (utiliser les opportunités : faiblesses et autres avantages).

SECTEUR PHYSIQUE

&

MENTAL

C5 – Mobiliser et agencer ses propres ressources physiques et mentales compte tenu du comportement adverse (caractéristiques, style et actions adverses)

 

GESTION DU JEU

 

 

Gestion de l’opposition (ou de la confrontation)

 

Gérer : v.t. « Assurer l’administration, l’organisation, le traitement d’un ensemble de données, etc. » (Le Petit Larousse illustré, édition 1995). En sport d’opposition, se dit du « pilotage des opérations de match*. » (Delmas, 1981). Elles mettent en action un ensemble d’habiletés* (recueil d’information*, prise de décision*, etc.) compte tenu du but du jeu* (en boxe, marquer des points en atteignant des cibles* ou en faisant abandonner l’opposant). Elle correspond aux intentions de jeu* suivantes : « ne pas subir l’activité adverse » et « marquer des points ». Deux classes d’opérations se présentent :

– 1/ La conduite du jeu (assurer la gestion du rapport de forces* en prenant en compte la somme des éventualités* de match qui vont se présenter et réagir en s’adaptant à l’activité adverse),

– 2/ et la construction du jeu (manœuvrer* l’adversaire et exploiter* son jeu).

Il en est de même pour l’équipe de coin* qui a un rôle déterminant dans la gestion du combat. Voir aussi organisation du jeu*.

 

En l’occurrence pour la boxe*, il s’agit des « activités à déployer pour défendre ses propres cibles et attaquer les cibles adverses » (Delmas, 1975). Contrairement à ce que la logique élémentaire laisse entendre, il ne suffit pas de défendre et d’attaquer pour remporter une opposition mais bien de conduire le jeu* (piloter la confrontation et s’adapter à l’opposant) et construire le jeu* (manœuvrer l’opposant et exploiter les comportements adverses) le plus efficacement possible. Outre maîtriser des gestes défensifs et offensifs, il s’agit plus précisément de mettre en place des activités destinées à prendre possession des cibles adverses et de l’intégrité adverse pour le combat au k-O.-system. Ces dernières se subdivisent en trois compétences* :

1/ « s’adapter à l’activité adverse »,

2/ « manœuvrer l’adversaire dans le but d’atteindre ses cibles »

et, 3/ « exploiter l’activité adverse pour atteindre ses cibles ».

 

 

Gestion

 

La construction du jeu

 

Construire le jeu en sport d’opposition* se traduit par la capacité à décider d’actions de jeu* à partir d’un ensemble d’éventualités* dans les phases de jeu*. Elle concerne aussi bien le compartiment offensif* que contre-offensif*. Ce domaine touche la notion de stratégie* à prévoir et de tactique* à mettre en place. En boxe, on dit d’un combattant qu’il « construit » lorsque celui-ci utilise certains procédés plus ou moins élaborés pour atteindre des cibles* adverses. Ex. : utiliser le jab* du bras en dominance d’action* pour trouver des opportunités* (des ouvertures de cible* en l’occurrence*)

En matière de construction du jeu en sport de combat*, on distingue deux types de fonctionnement opposés et complémentaires, le mode intéro-centré et le mode extéro-centré. Dans le premier mode, les actions sont construites par rapport aux ressources* de l’athlète et tiennent compte le plus souvent que de son mode de fonctionnement* personnel (interne). À contrario, dans le second mode, en plus de l’utilisation de ses ressources intrinsèques, l’athlète s’approprie le comportement d’autrui (éléments externes) pour l’utiliser et donc gérer (construire) son jeu personnel. Ainsi, on parle dans ce second mode, de capacité d’adaptation* à l’adversaire et d’exploitation* du jeu adverse. Toujours dans le second mode de fonctionnement, en termes de construction offensive, cette manière de faire s’oppose à celle qui consiste à porter des attaques directes*, donc trop voyantes, et qui ne pourraient peut être pas aboutir. On peut situer trois catégories de construction du jeu offensif :

  1. « Enchaîner des actions », souvent un nombre important de coups afin de prendre à défaut l’adversaire (on dit « déborder »). Ce qui a pour but de mettre en difficulté l’opposant pour défendre ses cibles. Ex. : coup redoublé de la même arme*, liaison des deux segments, changement de hauteur de cible*.
  2. Organiser un jeu pour mettre en défaut l’opposant : jeu de manœuvres* et manipulations* de toutes sortes. Différents procédés sont envisageables : effet de contraste, diversion, effet de surprise, dissimulation, etc. On trouve la fixation de cible (feinte d’arme ou de cible*, point de pression* et sape*), la provocation*, le pressing physique*, le cadrage* et faux-cadrage*, etc.
  3. Chercher à atteindre certaines cibles « en utilisant l’activité adverse » et en « exploitant les caractéristiques* de l’opposant ». Ex. : porter les actions à des moments opportuns (attaque dans l’attaque* ou attaque sur le retour en garde adverse) ou casser la distance* avec un adversaire longiligne afin de neutraliser ses actions à grande distance.

 

 

Balance « bénéfice/risque »

 

«  Comparaison des éventuels bénéfices avec le risque encouru dans une phase offensive ou défensive » (Delmas, 1975). L’exposition à un risque personnel dans une phase de combat est une évidence, ainsi il n’y a pas de certitude du risque zéro (paradigme du comportement idéal), c’est ce qui fait la nature des sports d’opposition. Seul le sentiment du confort maximal à construire peut être la réponse à un comportement idéal. La démarche consiste pour un compétiteur de calculer la marge de bénéfice au regard des risques encourus et de préférence le bénéfice le plus important associé à un risque mineur. L’évaluation du risque associé au calcul du gain doit être calculé au regard de la nature de l’acte à prévoir. On recense ainsi le « risque réel » pour toute action (risque encouru ou effets indésirables) et le remède pour y palier sans dégâts conséquents. Comment gérer cet équilibre ? Il s’agit ici d’une question de stratégie lié à un consensus. La prise de décision* de l’action est précédée par un examen des avantages et inconvénients c’est-à-dire une réflexion permettant de dégager et de recueillir tous les possibles*. Il va de soi que le « bénéfice espéré » doit-être supérieur au risque encouru. Mais ce n’est pas qu’une question de proportion car le degré de performance dépend quelquefois d’une nécessité à prendre des risques. Ne pas prendre de risque suffisant c’est peut être se vouer à l’échec. Les combattants expérimentés sont conscients dans leurs actions des dégâts prévisibles et ainsi connaissent les choix à effectuer pour éviter des dommages conséquents. Mais la validité théorique d’un choix tactique n’est pas une panacée car ce dernier est lié à un ensemble de variables non maîtrisables, ainsi il n’existe pas de réponse toute faite ! Ex.1 : porter un jab* sans incliner le buste latéralement c’est prendre le risque de se faire cueillir en coup de contre*. Ex.2 : chercher le combat au corps à corps avec un combattant très enveloppé et puissant du tronc est risqué. Voir aussi prise de risque / gestion du risque*.

Organisation du jeu

Aussi gestion de l’opposition. « Organiser, v.t. : Combiner, disposer pour le bon fonctionnement. » (Dictionnaire Le Petit Larousse, 1995). Organiser le jeu, se traduit par la capacité à agencer les actions de jeu dans les différentes situations de jeu. S’organiser c’est adopter une démarche permettant de gérer au mieux les différentes situations d’opposition. Elle se traduit par une construction du jeu* faite de réorganisations successives face à la diversité et à la complexité* des tâches en présence. Dans l’opposition rien n’est donné d’avance, tout est construit dans l’interaction avec l’adversaire. Elle consiste à offrir des réponses aux sollicitations adverses et compte tenu de la connaissance de la boxe adverse. C’est s’adapter à l’adversaire mais aussi exploiter le comportement adverse à son propre avantage. Par exemple en situation d’attente c’est « organiser son attitude de combat » (garde), c’est être équilibré constamment, en position de disponibilité (genoux fléchis, prêt à se mouvoir et à réagir) et protégé (couvert avec ses bras, ses épaules, etc.) afin de pouvoir défendre et attaquer avec rapidité et efficacité. « Organiser l’attaque », c’est, par exemple, structurer un ensemble d’actions offensives pour atteindre une cible précise – il en est ainsi pour la capacité à enchaîner des techniques en changeant le niveau d’attaque et la forme technique. C’est faire appel à plusieurs habiletés* : « se placer à distance pour porter une offensive », « manœuvrer* l’opposant pour trouver une ouverture* », etc. Les trois types d’actions d’organisation générale sont donc les suivants :

  • Agencer ses actions (offensives et contre-offensives) : savoir utiliser ses ressources, boxer en continu tout en veillant à interrompre les actions adverses, être mobile pour ne pas être atteint, être à distance efficace, etc.
  • S’adapter à l’adversaire

 

 

Conduite du jeu

 

Concerne les opérations de conduite de la confrontation.

 

Ensemble de conduites et de procédures à mettre en place pour assurer la défense de ses propres cibles et l’attaque des cibles adverses. Ex. : observer l’opposant, relever les points faibles et forts adverses, prendre des décisions, etc.

 

 

PROJET STRATÉGIQUE

 

Les intentions de jeu

 

D’après le dictionnaire Le Petit Larousse, édition 2010, une « intention » est une « Disposition d’esprit par laquelle on se propose délibérément un but ».

Une « intention de jeu » est un concept de sport*. C’est une action calculée à l’avance et qui appartient à ce qu’on appelle le plan d’action*. Elle se concrétise par une décision technique ou plus exactement « stratégique » (voir stratégie*). Elle appartient au registre du « quoi faire pour réussir (ou pour résoudre un problème) » et se présente comme des activités d’anticipation* c’est-à-dire de comportements à adopter.

En sports de combat, on parle d’activités intentionnelles qui s’inscrivent dans ce qu’on appelle la ligne de conduite* à tenir en match. Elles sont issues d’un repérage préalable ou/et d’une spéculation sur la conduite adverse.

Habituellement avant un match ou durant l’opposition, on recense les comportements principaux à adopter (intentions majeures à tenir) pour réussir. Ils appartiennent à trois domaines principaux d’intentions ou « intentions principales* » (Delmas, 1981) qui sont les suivants :

    • se mette en sécurité optimale (en défensif et en initiative de manœuvre… réduire le champ de capacité adverse par la contraindre…)
    • imposer son propre jeu à l’adversaire et le manœuvrer (contraindre…)
    • s’adapter à l’adversaire,
  • utiliser (exploiter) l’activité adverse à son avantage.Schéma stratégique Anciennement appelé « schéma tactique » par erreur. « Anticipation sur le cours de l’échange dans le but de construire et de marquer le point (ou « schéma de jeu »). Il s’agit de prévoir une succession de deux ou trois coups qui permettrait de placer son coup préférentiel (…). Ces schémas peuvent se prévoir (…) en référence à des algorithmes* simples (…) (Fernandez, Junquera, 2005) : « si j’attaque comme cela, l’adversaire répondra avec une forte probabilité comme cela et je contre-attaquerai comme ceci ».Stratégie de combat « Utilisation optionnelle des ressources pour optimiser la performance lors de la résolution de tâches de décision » (Proteau & Girouard, 1987 ; Temprado, 1989, 1991). En sport, « Ligne directrice de jeu définie avant le match » (Fernandez, Junquera, 2005) et tenant compte des ressources* propres et des caractéristiques* de l’adversaire. Elle relève d’un ensemble d’intentions* qui s’inscrivent dans un « plan d’action* » dans le but d’assurer le gain du match [appelé également, « programme d’action » ou « plan tactique » (1)]. Les procédés stratégiques* se traduisent par la manière la plus pertinente d’agencer ses propres ressources* pour aborder l’opposant. Ils touchent toutes les opérations match* : conduite du jeu* et construction du jeu*. Ils se concrétisent par l’utilisation de différents types d’actions, de modes de fonctionnement, de suivi de schémas de jeu et se combine avec la tactique* de jeu c’est-à-dire, l’adaptation constante à l’adversaire comptent tenu des opportunités* du combat. Egalement en sport, pour désigner les prévisions stratégiques on parle couramment « schémas tactiques » (2) ou de schéma de jeu et de systèmes de jeu* (combinaison des moyens d’action) consistant à mettre en place, pour utiliser un pléonasme, des stratégies « prédéterminées ». Les stratégies peuvent être classées compte tenu de leurs natures bien précises : stratégies directes, indirectes, conservatrice, audacieuse, risquée, etc. Sun Tzu, célèbre stratège* chinois du 5ème siècle avant notre ère, propose une stratégie indirecte que l’on peur utiliser en boxe : « chercher à briser l’ennemi par l’usure plutôt que par le choc ». Il énonce un ensemble de principes généraux* de combat : « chercher à soumettre l’adversaire par une combinaison de ruses, de surprises et de démoralisation », « chercher à connaître l’adversaire, de ses conceptions, de son modus operandi – ce qui est décisif c’est de s’attaquer à la stratégie de l’adversaire », « profiter du point faible adverse », etc. Il laisse une large place à la capacité à s’adapter à l’imprévu et dit qu’il y a des « principes généraux » à suivre mais pas d’équation type qui permet de conduire à la victoire. Ex. : [A] est un fuyard*. [B] essaye de le cadrer* et de l’acculer aux cordes pour l’avoir à sa portée. Voir aussi planification du jeu*, possibles*, principes stratégico-tactiques* et probables*.Plan d’action Le plan d’action détermine les actions à mettre en place durant l’opposition (sparring* ou match* de compétition). Anciennement appelé « plan tactique » ce qui n’est pas tout à fait le vocable à utiliser au regard de ce qu’il associe, l’aspect prévisionnel (stratégique), le domaine adaptatif et exploitatif (tactique) et de gestion. Plus exactement, il dicte la « ligne de conduite à tenir » ou « plan de route ». Il énonce plus exactement les actions principales et leur planification* dans le temps. « Il définit plus précisément les adaptations* à envisager (stratégies* d’adaptation), l’exploitation* des caractéristiques* adverses et comportements adverses (stratégies d’exploitation), et la manœuvre* de l‘adversaire (stratégies de manipulation). Il se définit en termes d’intentions de jeu* et généralement élaboré par le coach et son équipe de coin, voire l’athlète lui-même, avant et pendant le match, à partir des données recueilles sur l’adversaire (recueil d’observation*) » (Delmas, 1975). Il se concrétise durant le match par la mise en place d’actions de jeu et de procédures (schémas d’action) que l’on nomme « actions tactiques » ou plus exactement « actions technico-tactiques ».
  •  Principe de conduite  Ensemble de règles générales qui guident la conduite dans le duel. Le respect de ses principes permettra : d’une part d’éviter de tomber dans les pièges* adverses et d’autre part de mieux manœuvrer l’adversaire permettant de prendre l’ascendant. On distingue :
    • les « principes de défense ». Ex. : être prêt mentalement et physiquement en toutes circonstances, se protéger en permanence, adopter une garde permettant la mobilité* et l’utilisation de toutes les armes*, utiliser le geste défensif le plus vif et le plus puissant, utiliser les techniques permettant de se regrouper rapidement, une arme qui attaque doit pouvoir défendre immédiatement, s’écarter de la ligne d’attaque adverse*, sortir du rayon d’action adverse*, décourager le plus rapidement possible l’opposant à attaquer.
    • les « principes d’attaque » : 1/ les principes majeurs (chercher à surprendre, chercher à prendre de vitesse et à déborder, utiliser l’attaque la plus puissante sur la défense la plus faible, etc.), 2/ les principes de manœuvre* et de manipulation* (détourner l’attention adverse, amener l’opposant vers ses propres points forts*, mettre l’opposant sur les talons* pour avoir le dessus, poursuivre l’offensive quand l’adversaire est en difficulté, etc.).
    • les « principes d’attitude et de gestion ». Ex. : ne pas montrer ses faiblesses, ne pas sous-estimer l’adversaire, ne pas gaspiller de l’énergie pour rien, ne pas laisser l’adversaire s’installer.
  • Observation de l’adversaireLa « lecture » efficace de l’adversaire et l’exploitation des éléments recueillis vont permettre l’élaboration d’actions d’adaptation et d’actions de profit. Nous trouvons ci-dessous les trois principaux domaines d’observation :- L’observation des caractéristiques adverses, c’est-à-dire les traits physiques et psychiques de l’opposant ; notamment, l’apparence corporelle (latéralisation de la garde, morphologie, envergure, etc.) et l’état mental (crainte, vaillance, etc.) ;- L’observation du style adverse, c’est-à-dire la façon de faire (et d’être) de l’adversaire. On trouve le type de posture (garde*) et la manière de mener l’opposition. Exemple : l’adversaire à la garde basse, il axe son travail sur le retrait de buste*, sur des actions de riposte* et de contre*. C’est donc un combattant de type attentiste* pour lequel il faudra organiser un jeu adapté ;- L’observation des actions de combat adverses, c’est-à-dire des activités offensives et contre-offensives (attaque, défense, riposte, contre et stratégies).L’observation de l’adversaire s’effectue à l’aide de repères visuels que l’on appelle « observables ». Ils sont peu nombreux pour éviter une dispersion de la prise d’information (voir tableau des observables). Exemples d’observables : 1/ l’adversaire est en « vraie-garde » ou en « fausse-garde », 2/ l’adversaire est longiligne ou trapu, 3/ l’adversaire tombe sur ses coups ou se rassemble rapidement.
  • L’OFFENSIVE

     

    En sport de combat, c’est une action d’envergure destinée à imposer à l’adversaire un état de déséquilibre permettant de remporter le match. C’est aussi une prise en main personnelle de l’opposition. Elle consiste à devancer l’adversaire dans ses intentions* voire ses actions.

    Plus précisément en boxe, c’est un ensemble d’actions déployé pour atteindre des cibles* (marquer des points) adverses voire l’arrêt du match pour le combat au K.O-system. Ainsi, l’activité offensive ne se réduit pas à l’attaque elle-même et à la prise d’initiative*. Au contraire, elle concerne les tâches de pré-action (calculs préalables et actions préparatoires), les tâches de développement (ajustement, régulation et adaptation) et les tâches post-offensives (mise en sécurité, rattrapage et continuité du jeu). L’offensive peut être menée certes sur initiative personnelle mais également dans l’initiative adverse ; sachant que cette dernière peut être suggérée par le biais d’un ensemble d’artifices (techniques de manœuvres*). Ex. : imposer un état c’est-à-dire imposer sa volonté (impressionner, tromper, chasser de sa position, faire reculer…).

  • L’attaque

     

    En sports de combat, c’est une « Activité offensive destinée à imposer un état corporel à l’adversaire dans le but de prendre l’ascendant sur l’adversaire (voire le contrôle adverse) pour remporter l’opposition. Elle consiste, en toute logique, à utiliser les faiblesses adverses voire de les révéler cela par la mise en place d’un ensemble d’opérations de manœuvre. ». (Delmas, 1975). Pour simplifier, elle se définit par un « mouvement offensif destiné à atteindre des cibles adverses. ». On distingue plusieurs formes d’attaque :

     

    • simple, faite d’un mouvement unique (fig.a),
    • doublée ou renouvelée (redoublement du même mouvement),
    • fausse, attaque simple ou composée, incomplètement réalisée, destinée à tromper l’opposant voire à le faire réagir pour tirer parti de ses réactions,
    • indirecte : différée, composée, simulée (comprenant appel*, feinte*, provocation*, etc.), progressive (organisée autour de différentes actions pour s’approcher de la cible),
    • cachée (masquée),
    • en aveugle (fig.b),
    • sur préparation adverse, lancée alors que l’adversaire a entrepris une préparation d’attaque. Il s’agit ici plus précisément d’un coup d’arrêt* voire d’un coup de contre*
    • dans l’attaque adverse. Là on rentre dans le cadre d’une activité anticipée.
    • juste après l’attaque adverse. On parle de contre-attaque* ou plutôt de riposte* en sport de combat.
    • L’attaque

       

      En sports de combat, c’est une « Activité offensive destinée à imposer un état corporel à l’adversaire dans le but de prendre l’ascendant sur l’adversaire (voire le contrôle adverse) pour remporter l’opposition. Elle consiste, en toute logique, à utiliser les faiblesses adverses voire de les révéler cela par la mise en place d’un ensemble d’opérations de manœuvre. ». (Delmas, 1975). Pour simplifier, elle se définit par un « mouvement offensif destiné à atteindre des cibles adverses. ». On distingue plusieurs formes d’attaque :

       

      • simple, faite d’un mouvement unique (fig.a),
      • doublée ou renouvelée (redoublement du même mouvement),
      • fausse, attaque simple ou composée, incomplètement réalisée, destinée à tromper l’opposant voire à le faire réagir pour tirer parti de ses réactions,
      • indirecte : différée, composée, simulée (comprenant appel*, feinte*, provocation*, etc.), progressive (organisée autour de différentes actions pour s’approcher de la cible),
      • cachée (masquée),
      • en aveugle (fig.b),
      • sur préparation adverse, lancée alors que l’adversaire a entrepris une préparation d’attaque. Il s’agit ici plus précisément d’un coup d’arrêt* voire d’un coup de contre*
      • dans l’attaque adverse. Là on rentre dans le cadre d’une activité anticipée.
      • juste après l’attaque adverse. On parle de contre-attaque* ou plutôt de riposte* en sport de combat.
      • Elle se définie par une « offensive lancée dans l’attaque* adverse » (Delmas, 1975). L’idée principale est d’exploiter l’action adverse à son propre avantage. En boxe anglaise* cette action s’appelle un « contre* » ou plus exactement un « coup de contre ». C’est une action offensive lancée dans l’attaque adverse destinée à percuter l’opposant avant que ce dernier n’y parvienne.On parle de « contre » car l’action s’effectue le plus souvent dans le sens contraire de celle de l’adversaire provoquant un choc de type télescopage*. Dans d’autres sports de combat, on trouve des actions « avec » c’est-à-dire dans le même sens que l’attaque adverse (on parle d’aspiration* ou d’effet tandem).Au niveau du timing, l’action de contre peut être engagée au démarrage de l’attaque adverse ou durant son développement. Elle fait appel à la faculté de percevoir et d’identifier l’action adverse au moment où elle se dessine, voire même où elle se conçoit dans l’esprit de l’autre.Du point de vue stratégique* deux modes opératoires peuvent être envisagés : 1/ repérer l’attaque adverse et prévoir son renouvellement, 2/ télécommander l’attaque adverse. Les qualités d’un bon contreur* sont : le coup d’œil* (capacité à lire la boxe adverse), la prise de décision* et la capacité de réaction rapide et d’anticipation*. Ces dernières font appel aux ressources* suivantes : l’à-propos* (réponse* adéquate dans le bon timing*), la vitesse de réaction* (explosivité*), la vitesse d’exécution* et dans un autre registre, la malice* (capacité à manœuvrer* et à manipuler* l’opposant).Certains athlètes sont spécialisés dans cette forme de stratégie* et on dit d’eux que se sont des opportunistes*. À l’encontre des combattants offensifs, ces derniers se placent en position d’attentiste* profitant de l’occasion pour arriver à leurs fins.

        LA CONTRE-OFFENSIVE

         

         

        « Offensive lancée pour contrecarrer une offensive ennemie. » (Linternaute Encyclopédie, 2010). Notion à ne pas assimiler exclusivement avec celle de contre-attaque*, car « contre-attaquer c’est passer de la défensive à l’offensive » (Petit Larousse de 2000). D’autre part, effectuer une action contre-offensive ne s’arrête pas à défendre (notamment à défendre « passivement ») mais c’est adopter un statut d’attaquant.

        Dans les manifestations de la « contre-offensive », nous trouvons les actions offensives qui interviennent pendant ou après l’attaque adverse ; auxquelles on peut rajouter celles qui interviennent juste avant l’offensive adverse. Elles ont pour but soit d’annihiler l’offensive adverse soit d’utiliser l’attaque cette dernière à notre avantage. On trouve quatre formes de contre-offensive :

        • le coup d’arrêt* définit comme l’« interruption brutale imposée à un mouvement, à un processus » (Petit Larousse de 2000). Cette « attaque lancée pour neutraliser l’offensive adverse » intervient soit au déclenchement de l’attaque adverse soit au tout début de son développement. Même si cette forme rejoint le principe du « coup de contre », elle a ici un but plus défensif qu’offensif ;
        • le coup de contre* ou « attaque lancée pour exploiter l’offensive adverse ». Il intervient pendant l’action adverse dans un but offensif ;
        • la riposte* et synonyme de « contre-attaque ». Pour le Petit Larousse de 2000, « riposter c’est attaquer immédiatement après avoir paré ». Elle est donc déclenchée après une défense et peut être réalisée par exemple dans le retour en garde de l’adversaire pour le surprendre.
        • la neutralisation destinée à « annuler l’effet de, empêcher d’agir par une action contraire » (Petit Larousse de 2000). Elle intervient juste avant le déclenchement de l’offensive adverse dans le but de réduire à néant l’intention offensive adverse.
        • Ces différentes formes de contre-offensive correspondent à l’idée de défense active*, c’est-à-dire d’activités destinées à contrôler l’opposition et non à la subir.
        • La neutralisation

           

          C’est donc une action d’anticipation* visant à empêcher toute action imminente de l’adversaire ou à annihiler l’attaque au tout début de sa réalisation.

          Neutraliser en sports de combat c’est prendre des dispositions à l’avance pour empêcher l’attaque adverse. Certains auteurs utilisent par erreur ce terme pour nommer toute action de défense*. En boxe, on neutralise l’opposant selon les modes suivants :

          • en allongeant la distance pour « mettre dans le vent* » l’adversaire,
          • en raccourcissant la distance (on dit « casse la distance »), appelé obstruction (ex. : raccourcir la distance pour empêcher un spécialiste de coups longs),
          • en contrôlant son tronc, ses bras et ses jambes, (battement*, étreinte, compression, saisie de membre, etc.) – fig. 66-B,
          • en « verrouillant* » des portes de sorties pour l’empêcher de déborder* ou de trouver suffisamment de distance (près des cordes, dans le coin du ring),
          • en stoppant son attaque au tout début de sa trajectoire (coup d’arrêt*).Ex.2 : en raccourcissant la distance de frappe adverse en empêche l’adversaire de déployer des coups longs (notion d’obstruction) – fig.66-A.
          • Ex.1 : en verrouillant* les armes adverses, on gêne la réalisation d’actions offensives et défensives – en saisissant l’adversaire ou en se collant (clinch*), ou en interposant l’avant-bras sur l’arme adverse.
          • La défense

             

            « Action de s’opposer aux offensives* de l’adversaire » (dictionnaire le Petit Larousse, 2010). En sport se combat*, la défense est un « ensemble de comportements destinés à faire échec à l’offensive* adverse ». Se garantir contre les attaques adverses se présente comme une des deux intentions* principales à atteindre dans les sports de combat de percussion* à côté d’attaquer les cible adverses. Elle se résume par les formes d’action suivantes :

            • la protection* de la cible (Ex. : couverture*, fig.40.a et 40.b),
            • l’interception de l’arme dans sa trajectoire (Ex. : blocage* de coup, fig.40.c et 40.d),
            • la déviation* de l’arme de sa trajectoire (fig.40.e et f),
            • l’évitement* du coup sur place ou par un déplacement* des appuis au sol pour ne pas être atteint, appelé généralement esquive* ou dérobement* (fig.40.g et 40.h),
            • l’absorption* du choc, à mi-chemin entre la couverture et l’évitement (fig.40.i et 40.j),
            • la mobilité* du combattant, appelé très souvent le jeu de jambes* pour offrir une cible constamment en mouvement,
            • et la neutralisation* de l’adversaire ou défense anticipée* (exemple : par verrouillage* ou coup d’arrêt*, (fig.40.k et 40.l).

            Ainsi, on distingue plusieurs objectifs de défense :

            1/ La simple mise en sécurité de ses propres cibles, quelquefois réalisée en urgence (dite défense passive : couverture* neutre, blocage* neutre, etc.),

            2/ La réalisation d’actions destinées à réduire ou éviter l’effet du coup adverse voire à utiliser l’activité adverse à son avantage. On trouve :

            • la déviation de l’arme de sa trajectoire : blocage* déviant ou la parade chassée* pouvant déséquilibrer l’opposant au niveau postural,
            • la couverture absorbante ou blocage absorbant,
            • l’esquive*,
            • le télescopage* de l’arme dans le but de provoquer un effet offensif (déséquilibre, traumatisme, etc.) puis du même type, le coup d’arrêt* qui arrête net la progression de l’arme ou de l’adversaire pouvant être suivi également d’une relance*.

            3/ La mise en difficulté de réalisations offensives adverses par le biais d’une défense anticipée*. On trouve :

            • La neutralisation (par le raccourcissement ou l’augmentation de la distance, par verrouillage* des armes adverses),
            • La déstabilisation mentale* adverse à base de techniques de manœuvre (manipulation* pour effrayer, décourager d’attaquer, etc.).

            Ces deux derniers objectifs défensifs sont classés par certains auteurs, dans le registre de la défense active* car ils vont permettre d’élaborer une activité contre-offensive* avantageuse (notamment en contre-attaque*). Tous deux nécessitent des qualités d’initiative*, d’anticipation* et d’à-propos*. Pour dépasser le cliché habituel de la célèbre maxime suivante : « la meilleure défense c’est l’attaque », on dira que pour le domaine défensif le but à atteindre est d’ « être capable de défendre et de contre-attaquer (riposter*) dans toutes les positions de corps avec le moindre risque ».

            En conclusion, on distingue trois catégories de défense :

            • la défense dite « passive » ayant pour but d’annihiler l’action adverse c’est-à-dire sans effet direct chez l’opposant (ex. : « couverture* », parade bloquée, parade opposition…)
            • la défense dite « active » favorisant l’utilisation de l’action adverse (ex. : absorption* de choc, coup d’arrêt*, dégagement* des cordes*)
            • et la défense « anticipée » ayant pour but de gêner l’offensive adverse (ou d’empêcher carrément l’attaque prévisible).

             

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